Critiques Lecture

Syngué Sabour

Du corps par le corps avec le corps depuis le corps et jusqu’au corps.

Syngue-Sabour-Pierre-de-patience

Syngué Sabour est une remarquable nouvelle, ayant reçu le prix Goncourt plus que mérité en 2008.
Compressée en quelque 120 pages, toute l’histoire se déroule dans une petite pièce modeste, dans laquelle une femme Afghane s’occupe de son mari alité, blessé par balle et dans un coma profond. Obligée de rester à son chevet, cette maman extrêmement triste se confie au corps inerte du père de ses enfants, et pour la première fois de sa vie, se permet de lui dire tout ce qui lui passe par la tête, même les choses les plus taboues.
L’homme est dans un état critique, et à part le rythme de sa respiration, rien ne prouve qu’il est toujours en vie, mais Atiq Rahimi raconte l’histoire d’une façon telle que le lecteur ne se préoccupe que très peu de son état de santé, mais plutôt de la suite des aveux de la femme dont le nom n’a été révélé à aucun moment de la nouvelle.
Elle lui raconte son enfance, sa relation avec son père, sa belle-mère, et toutes les personnes qui l’entourent, y compris lui. Elle n’hésite pas à déverser sa colère, lui confier ses désirs humains, ses rêves enfouis, ses peurs, son ressenti face à sa famille, face à son couple, face à la guerre, face à son pays, et face à elle-même.
Ce livre avait quelque chose de poétique, tous les faits et gestes de la femme allaient à la même cadence que la respiration de l’homme, y compris sa façon d’égrener son chapelet, de caresser la poitrine de sa ‘’Syngué Sabour’’, juste au dessus de son coeur. Les confidences de cette femme nous montrent que rien n’est bien différent de la vie quotidienne d’une femme Afghane, qui doit toujours se plier aux exigences de son mari, presque au rythme de sa respiration. Nous en sortons tous avec une idée plus concrète de sa place, partagée entre ses envies, la situation politique instable de son pays ainsi que ses traditions, auxquelles elle doit se plier.
Sa sincérité m’a non seulement fendu le coeur de part toutes les difficultés par lesquelles elle est passée, mais aussi par sa force, et sa capacité à surmonter toutes ces circonstances.
La fin m’a laissée sur ma faim, j’ai eu l’impression que quelque chose manquait, peut-être m’étais-je attachée à ma protagoniste? Peu importe, le message est tout de même passé.


Et vous, si vous aviez l’opportunité de vous confier à la personne que vous aimez, sans tabou, que lui diriez-vous?

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