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MAROC ENTRE TRADITION ET MODERNITE

En ces derniers temps, le monde est devenu un petit village où tout le monde accède à tout en un rien de temps. La mondialisation s’est attaquée aux coins les plus isolés du monde, et a conduit les idées d’ouverture vers les sociétés les plus refermées et conservatrices.

Marocains, comme tous les autres, se trouvent aujourd’hui perdus entre traditions et modernité. Mettre des djellabas ou suivre la mode ? S’attacher à notre langue maternelle ou l’abandonner au profit des langues étrangères qui facilitent l’intégration ?

Enfin, Peut-on conserver notre identité tout en restant ouvert au monde actuel?

Avant d’enchainer avec l’analyse et la réflexion, il semble nécessaire de commencer par définir deux mots clefs : la tradition  et la modernité. La première est définie par l’ensemble de coutumes et croyances transférées d’une génération à l’autre. En d’autres termes, c’est un héritage immatériel qui permet à une génération de s’attacher à sa propre identité afin de se différencier et de préserver ce caractère de distinction assurant son unicité. L’exemple d’ailleurs du CAFTAN marocain en est la preuve. Son originalité a fait de lui l’habit de grâce et prestige à l’échelle internationale…

Le mot modernité, quant à lui, est vu de nos jours comme étant l’antonyme de la tradition. Or, la modernité est plutôt ce concept qui accepte le changement mais qui généralement ne touche pas aux dimensions culturelles mais plutôt politiques et institutionnelles.

A l’image des sociétés traditionnelles, l’intégration de la modernité dans notre société se fait difficilement, car la société cherche toujours à éviter les contradictions et préserver son bien être et confort par refus de tout changement.

Trouver un commun accord entre la modernité et nos traditions semble être une question primordiale à résoudre. Le défunt roi Hassan II a soulevé le problème dans ses célèbres discours en disant « le Maroc est un arbre ou les racines plongent en Afrique et qui respire par ses feuilles en Europe ». Une métaphore qui explique clairement la situation actuelle du Maroc. Ce pays musulman attaché à ses croyances et ses traditions. Il veille aussi à les ajuster au progrès et à l’ouverture vécue à l’échelle mondiale.

La suppression de tout ce qui est incompatible avec nos traditions, ou son acceptation avec modification sont devenues monnaie courante. C’est une politique longuement adoptée.

Marier tradition et modernité peut conduire à l’oublie de certaines traditions adoptées jusque là. L’exemple des traditions qui touchaient à la dignité et à l’intimité des couples marocains, comme l’histoire des taches de sang sur le pantalon de la mariée exposé ouvertement aux invités après les nuits de noces. C’est une coutume en voie de disparition. Aussi, la superstition qui se traduit par les croyances qui hantaient leurs idées à cause de l’ignorance et l’analphabétisme : ne jamais parler dans les toilettes ou salle de bain, ne jamais ouvrir un parapluie chez soi, ne jamais frapper une fille avec un balai par peur qu’elle ne se marie jamais, ne jamais enjamber une personne allongée, car ça l’empêcherait de grandir. Toutes sortes d’idées superstitieuses qui reflétaient la mentalité et la culture des marocains.

Le changement a touché tout cela et encore. Les jeunes ne sont plus influencés par ces croyances. Jadis, La société était rattachée à l’autorité et l’obéissance à tous les niveaux : relation homme femme, homme fils et professeur élève, bénédiction parentale, respect et pudeur. Tous ces adjectifs décrivaient clairement la situation. L’autorité régulait les rapports hiérarchiques sans discuter ou ajouter un mot. Dans la culture berbère par exemple, chaque vendredi le marié doit battre sa femme, et les passants doivent entendre ses cris devant chaque maison. Pour eux, c’était un signe de supériorité, d’autorité. Or, des changements ont été appliqués pour bannir ces images de violence, d’où l’apparition de plusieurs organisations qui défendent les droits de l’homme, l’égalité entre  hommes et femmes, les droits des enfants…Etc.

Il ressort de ce qui précède que trouver un terrain d’entente entre tradition et modernité ne sera pas une tache facile. Les tentatives d’adaptation sont souvent et seront encore objet de débats publics.

Toutefois, il reste clair qu’en aucun cas cette quête ne devra mener à moderniser la tradition ou à engloutir la modernité de traditions. Elle aura plutôt comme finalité d’essayer de fixer la bonne dose de modernité tout en respectant nos valeurs, nos principes.

Rim Kaanane

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