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Le pavillon des enfants fous

Je suis seule, seule avec mon corps qui ne demande rien, sauf de mourir.

elles-mêmes
Le pavillon des enfants fous

Avez-vous déjà eu l’impression, à un moment ou à un autre de votre vie, que plus rien ne vous appartenait sur cette Terre? Que tout le monde vous voulait en bonne santé, physique et mentale, sauf vous?

C’est exactement ce que nous raconte Valérie Valère, qui nous vient avec cette autobiographie des plus poignantes. Qui dit autobiographie, dit histoire vraie, et quoi de mieux que de vivre le combat d’une anorexique à travers ses propres mots pour en saisir la réelle profondeur?

Valérie a 13 ans lorsque sa mère décide de l’interner dans un hôpital psychiatrique, pour soigner son anorexie. Tout au long du récit, cette jeune écrivaine raconte les détails de son ‘’séjour’’ au pavillon des enfants fous, en dénonçant le personnel pas toujours (voire jamais) agréable, ni compréhensif. Elle décrit la chambre, les autres patients, les médecins, les infirmières, mais encore, elle décrit la fatigue, la maladie, l’envie de partir, et surtout, le refus de se battre.

Cette lecture m’a bouleversée; pour tout vous dire, c’est une lecture qui n’a pas été facile pour moi, j’ai même dû l’arrêter, à plusieurs reprises, à cause de la violence des propos, et je ne pense pas qu’elle le soit, facile, pour quiconque. Entre volonté de mourir, injustice envers tout et tous, et même envers elle-même, agressivité, colère, rancoeur, haine, Valérie Valère reprend sa plume à 15 ans, pour raconter une histoire qui aura à tout jamais changé le cours de sa vie. Ses mots sont simples, et durs à la fois. Ses expressions ne sont pas soignées, on dirait même que son roman ressemble à un cahier de brouillon, écrit à la va-vite, de manière rapide, laissant penser que certes, Valérie veut partager son expérience avec le monde entier, sans pour autant s’attarder sur les techniques d’écriture, de peur de ‘’revivre’’ son calvaire. Ses expressions répétitives, pas toujours claires, souvent floues, montrent clairement l’état de perte de cette ‘’survivante’’, même des années après ce qu’elle n’a pas hésité à comparer à un enfer, un enfer qui, visiblement, n’a jamais réellement cessé. Mais qui pourrait l’en blâmer ?

Pour ne rien changer, la fin du livre est tout aussi dure et cruelle que le début, le milieu, et tout le reste. Nous n’avons pas droit à cette fin heureuse, où la malade récupère ses kilos, recommence à manger, et reprend sa petite vie de façon graduelle, et surtout normale. Valérie finit son roman de manière ambiguë, triste, loin d’être délivrée, elle laisse entendre que, certes, elle n’est plus hospitalisée, mais son mal-être, lui, est toujours là, présent. Une fin qui est complètement justifiée par sa disparition tragique, à l’âge de 21 ans. Une disparition presque annoncée à la fin de son livre, six ans avant.

Et si le pavillon des enfants fous était un appel à l’aide, auquel personne n’a répondu ?

5 comments on “Le pavillon des enfants fous

  1. Je ne connaissais pas du tout cette jeune femme mais grâce à ta critique j’ai vraiment envie de lire son histoire.

    Aimé par 2 personnes

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